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Couverts de féverole et viti-pastoralisme

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Hérault

Maîtrisée & intégrée en routine à l'exploitation

Agriculteur

Mathieu Bartholin
BARTHOLIN MATHIEU

Atelier

Viticulture

Féverole d'hiver

Plusieurs parcelles

Semoir direct, rouleau faca, clôtures (exige statut d’éleveur)

sablo-limoneux

Objectifs

Couvrir les sols pour les protéger et les nourrir Utiliser l'animal pour gérer naturellement l'enherbement

Description

Mon domaine est situé dans le sud-ouest de l’Hérault (climat méditerranéen) sur des terres sablo-limoneuses en non-labour depuis 10 ans. Le couvert de féverole que nous implantons entre les vignes est géré uniquement par pastoralisme (collaboration avec l’éleveur-berger). Les brebis servent à préparer le sol avant semis ou après semis et à désherber la féverole des adventices. Je sème le couvert en semis direct dans un rang sur deux après les vendanges, dès qu’il y a de la pluie (entre fin septembre et début novembre). Les brebis pâturent d'autres parcelles la journée et vont dans les vignes le soir. De cette manière, on réduit les risques d’ingestion de féverole car elles mangent moins la nuit. Elles passent en moyenne trois fois dans les parcelles durant l’hiver. Le dernier passage est effectué lorsque les féveroles sont en fleur, au bâton planté avec les chiens derrière pour empêcher les brebis de manger les bourgeons de vigne. Le chargement et le temps de pâturage varient énormément en fonction des ressources et des périodes. Cela demande de bien évaluer la ressource en amont et bien de prendre en compte les contraintes en viticulture et les besoins du troupeau. En fin de cycle, la féverole est relativement cellulosique et restitue donc du carbone au sol. Je la détruis avec un passage de rouleau Faca le plus tôt possible pour restituer un maximum d’azote au sol. Je fais un passage de gyrobroyeur 1 fois par an ou tous les 3 ans si besoin. Il m’arrive aussi de mettre du BRF avant le semis de féverole pour faire des stocks de MO.

Résultats

La gestion pastorale est très efficace pour désherber la féverole et fertiliser. Les brebis ne font pas de dégâts dans les vignes à condition d’avoir suffisamment à manger. Je n'ai quasiment pas de cas de météorisation (production de gaz dans la panse après ingestion de légumineuses). J'ai eu seulement 1 cas en 2022 car les ressources plus rares dû à la sécheresse. Dans ce sens, le semis direct permet de conserver une partie de la flore spontanée, la biomasse que consomment les brebis. Le destruction au rouleau Faca fonctionne bien, je n’ai pas de repousses. Il arrive que les brebis se frottent à la vigne ce qui peut l’endommager. Il vaut mieux les mettre dans des vignes qui se tiennent bien (un peu âgées, bien fixées), c’est du cas par cas. Je conseille aussi de miser sur l’efficacité du couvert plutôt que de viser absolument une grande diversité variétale dans le couvert pour assurer l’efficacité et la pérennité économique du système. L’avantage de la féverole c’est que les graines sont grosses et faciles à implanter en semis direct et prennent bien le dessus sur les adventices. La structure du sol est ferme et porte bien même après de fortes pluies. Cette complémentarité entre travail pastoral et travail des vignes et des couverts nécessite de trouver le bon équilibre entre production de biomasse/restitution des nutriments et intensité du pâturage (ne pas tomber dans le surpâturage). J’aimerais passer sur un couvert plus mixte avec des céréales pour la consommation des ovins. L’idée serait de faire de la féverole les 2 premières années puis d’introduire des céréales en année 3 et de faire entrer les ovins seulement à ce moment-là. Je n’ai encore pas encore beaucoup de recul d’un point de vue économique mais je pense que le coût à l’hectare est plus élevé car cela demande plus de temps et d'expertise de la part de l'éleveur-pasteur. L’idéal serait de mettre en place un revenu complémentaire pour inciter les pasteurs et les viticulteurs à travailler ensemble. On pourrait proposer différentes modalités aux pasteurs, des forfaits avec un service classique et un service spécifique à des systèmes avec des couverts de légumineuses qui demande plus d’attention et d’organisation.

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