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Variétés anciennes bio en non labour

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Isère

Maîtrisée & intégrée en routine à l'exploitation

Agriculteur

Thierry Ailloud Perraud
La Ferme gabert

Surface

100 ha dont 82 ha en culture et 18 ha en prairie permanente

Atelier

Plusieurs parcelles , 8ha au total

Semoir direct

Argileux limoneux

Objectifs

Avoir des variétés adaptées à notre climats qui résistent aux changements de températures Mieux valoriser les blés auprès d'acteurs locaux

Description

Notre exploitation est située en moyenne montagne (750m d'altitude) ou nous avons de grands écarts de température avec des sols argileux et froids (-5° de fin novembre à fin février). Notre objectif est d'avoir d'un côté des terres qui ressuent mieux, qui se tiennent mieux et de l'autre de bien valoriser ces céréales en passant par des réseaux adaptés. Nous avons commencé à travailler avec des variétés anciennes il y a 3 ans car nous étions très déçus des performances des variétés traditionnelles qui ne résistent pas au climat que nous avons, les variétés anciennes étant plus rustiques et résistantes. Nous semons par exemple du blé rouge de bordeaux, du petit épeautre et une variété ancienne d'orge de brasserie. Nous trouvons les semences dans des réseaux dédiés avec des collègues. Cela nous revient au même prix, même moins cher qu'avec la coopérative. Au niveau de nos pratiques, nous avons commencé le non labour en 2003 et après plusieurs aller-retours, nous y sommes revenu en 2008. Au début nous travaillions avec un décompacteur (à 35 cm) et une fraise pour le travail superficiel et avec du mulch frais. Mais nos sols étant très argileux (60%) et froids, nous avions des problèmes de minéralisation de la matière organique (taux à 5-7%) entrainant des problèmes de levée et un surplus d'azote (favorable aux vulpins). Aujourd'hui nous faisons un déchaumage puis un décompactage et nous semons en direct 10 jours après à une densité de semis est de 150 à 200kg/ha. Nous semons le blé de manière précoce, autour du 15 septembre. A partir de début avril, je passe la herse étrille tous les 10 jours dans mes parcelles pour détruire les repousses d'adventices (environ 3 passages). Sur la même période, je pulvérise du purin d'ortie dans mes cultures tous les 5 jours entre les passages de herse (environ 5 passages), mais je dois encore perfectionner cette partie. Il faut noter que je ne suis pas en plaine, je n'ai pas de nappe phréatique en dessous ce qui limite le potentiel des parcelles. Pour l'orge et l'avoine nous semons dans les terres gelées au mois en fin-février - mars pour gagner de la marge avant les deux mois de sécheresse en été. Nous ne faisons pas d'apport de matière organique vu nos problématique de minéralisation, mais notre rotation comprend couverts végétaux et luzerne.

Résultats

Les variétés anciennes que nous utilisons s'adaptent bien à notre réalité climatique et à notre terroir. Nos rendements sont modestes (20-30qt/ha en moyenne) mais c'est compensé par une bonne valorisation auprès d'artisans boulangers ou de meuneries et de transformateurs de whisky haut de gamme, en plus de la qualité des produits qui nous tient beaucoup à cœur. J'ai eu de l’eau en l’hiver, 20mm au 15 avril et 5mm au 10 juin. Avec la sécheresse nous avons récolté mi-juillet, soit un mois avant. Le blé ancien a fait 20qt/ha, c'est moyen mais ça reste correct car en général on vise 25qt. C'est une démarche très différente de la méthode traditionnelle qui vise à produire beaucoup avec beaucoup d'intrants. L'aspect humain est très important, c'est pourquoi nous vendons directement à des artisans locaux que nous connaissons bien plutôt qu'à la coopérative. Nous avons plus de visibilité sur le long terme.

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