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Partenariat avec un éleveur pour le pâturage couvert multi-espèces

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Charente

Maîtrisée & intégrée en routine à l'exploitation

Agriculteur

Jean-Marc Prud'homme
Prud'homme Jean-Marc

Atelier

Grandes cultures et productions légumières

Plusieurs parcelles , 13ha au total

Strip-till, rouleau

60-70€/ha de semence pour le couvert (contre 100€ si j’achetais tout en semences certifiées)

Très superficiel et caillouteux, terres de marais

Objectifs

Gagner une étape dans la décomposition du couvert Produire un maximum de matière verte pour les animaux et les sols Réduire la dépendance aux engrais de synthèse Stocker du carbone (rémunération)

Description

Je fais de l’ACS (semis direct) depuis plus de 20 ans sur 130 ha en grandes cultures. 100% des terres sont couvertes systématiquement pour alimenter au maximum le microbiote du sol (bactéries, champignons, protozoaires,...), et ce même les années difficiles (2 mois sans eau en 2022). Depuis 5 ans je suis en partenariat avec un éleveur bovin voisin qui vient faire pâturer mes couverts multi-espèces. Le couvert se compose d'espèces fourragères (sorgho fourrager multi-coupes, navettes, radis fourrager, cameline, trèfle d’Alexandrie et incarnat, vesce commune et velue, lentille, triticale et moha) auxquelles j’ajoute des espèces à fleurs (tournesol, phacélie, lin) pour la biodiversité et la vue des promeneurs. Parmi ces 14 espèces, 8 sont des semences fermières ou semences échangées avec des agriculteurs voisins. Le couvert est implanté avec un semoir à disques dans les 48h après la moisson pour bénéficier de l’humidité résiduelle et des remontées capillaires. Toutes les graines sont semées à une profondeur de 4 à 5 cm (modalité retenue suite à différents essais) et à une densité de semis de 90 kg/ha, le but étant d’avoir 300 graines/m² (d'après les travaux de Nicolas Courtois). Le troupeau de 100 vaches pâture de début septembre jusqu’à fin novembre. Les vaches avancent sur des bandes de 25 m de large sur 300 m de long, délimitées par des fils placés tous les 20m environ (sens de la longueur). Elles sont déplacées sur un nouveau paddock tous les 2 jours. Le fil arrière est refermé à chaque fois pour limiter la compaction de la partie déjà pâturée. La taille du paddock est adaptée selon le nombre d’UGB (en général 60 vaches) et la largeur du champ. S'il se met à pleuvoir tous les jours à partir de novembre on sort les vaches pour préserver la structure du sol. Le pâturage reprend ensuite à partir de février si les conditions climatiques le permettent. Cette année nous avons intégré des espèces (triticale, vesce velue et trèfle incarnat) qui sont censées rester en dormance sous le couvert d’été puis lever après le 1er pâturage. Je détruis le couvert en passant un rouleau pour mâcher les plantes puis un glypho 1 jour après. Je sèmerai ensuite un soja au strip-till au printemps prochain. Le passage du rouleau me permet de réduire la dose de glyphosate (2L contre 3L sans rouleau). L’implantation du soja se fait autour du 10 mai sur ces parcelles de marais, ce qui laisse une belle période au printemps pour pâturer.

Résultats

Ce système fonctionne très bien. Le couvert monte très haut (1,5-2m) et produit beaucoup de biomasse. Je n'ai jamais eu de problème avec ce mode d’implantation, les seuls ratés sont lorsque les conditions météo sont mauvaises. Implanter tôt dans l'été et derrière moisson sont des facteurs déterminants dans la réussite de ce couvert. Cela ne donnerait surement pas les mêmes résultats en semant en août. . Pour moi le coût du couvert n’est pas un frein, ce qui compte est de garder les vaches le plus longtemps possible au pâturage. Avec l’éleveur, on a calculé le coût d’une vache au pâturage (1,2€/vache/j) et il a évalué le coût d’une tonne de fumier à 20€ chez lui. Par exemple : si 100 vaches pâturent pendant 30 jours = 300 journées de pâturage x 1,2€ / 20€ = 180 T de fumier à récupérer. Ce système d’échange me permet de récupérer entre 300 et 450 T de fumier par an. Je réduis ainsi ma dépendance aux engrais de synthèse et je stocke du carbone. C'est la première année que je mets des espèces censées se développer au printemps. Nous verrons si la production de biomasse est suffisante pour faire pâturer.

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