Accueil REX Agri Pâturage de luzerne en élevage ovin : une voie vers l'autonomie protéique et fourragère

Pâturage de luzerne en élevage ovin : une voie vers l'autonomie protéique et fourragère

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Aveyron

Maîtrisée & intégrée en routine à l'exploitation

Agriculteur

Adrien Arguel
GAEC des Templiers du Larzac

Atelier

Élevage ruminant

Luzerne

Plusieurs parcelles , 20ha au total

Semoir direct

Sols calcaires superficiel, taux d’argile assez élevé, CEC importante

Objectifs

Faire pâturer au maximum les animaux Tendre à l'autonomie protéique et fourragère Nettoyer les parcelles (chardons) Améliorer la structure et le niveau de fertilité des sols

Description

Ferme en élevage de 192 brebis laitières Lacaune située sur le causse du Larzac à 800m d’altitude. A la reprise de la ferme en 2019, j’ai implanté beaucoup de luzerne car c’est une plante bien adaptée aux sols calcaires, résistante à la sécheresse et intéressante nutritionnellement. Elle a une place centrale dans mon système pour l’autonomie protéique et fourragère. Les 1ères luzernes ont été semé au printemps 2019 sur des parcelles très sales (chardon) dû aux pratiques antérieures (compaction dû labour systématique, cf. travaux de Gérard Ducerf). La luzerne a rapidement éradiquer la population de chardon (plus aucun en 2020), d’où l’importance de faire des analyses de sol et des tests bêches régulièrement pour bien comprendre son sol et bien choisir les plantes à semer pour l’améliorer. J’ai commencé le pâturage l’année suivante en système tournant dynamique sur paddock de 1 jour entre le printemps (15-20 avril) et l'automne, avec une période de creux en été car il fait trop chaud pour que l’herbe pousse. J’ai aussi 150 ha de parcours autour de la ferme (prairies permanentes naturelles). Je choisis entre luzerne et parcours selon les besoins des animaux : luzerne quand lactation, prairie naturelles quand besoin moindres. L'intervalle entre deux pâturage est de 30 jours au printemps et jusqu’à 45 a l’automne ou l’été. La période de reproduction du troupeau est calée sur la pousse de l’herbe. Les mises bas se font début mars ce qui permet de minimiser les besoins en bergerie durant l’hiver et d’avoir du stock lors de l’agnelage de mars. Le fumier de brebis qui est très riche en potasse assure la richesse du sol pour cet élément. Il faut par contre surveiller le phosphore pour la luzerne. J’apporte chaque année une semie remorque de compost de fumier/lisier de porc. Je fais du sur-semis de céréales en automne, avant l’entrée en dormance de la luzerne, pour bien couvrir et limiter le salissement. Les luzernes sont encore productives mais j’envisage de tester le sarclage sur les premières luzernes car elles commencent à se salir malgré les sur-semis.

Résultats

Pour l'instant, les luzernes implantées en 2019 se portent bien malgré la sécheresse de 2022. En 2020 : 3-4 passages de brebis En 2021 : 5 passages car été très pluvieux En 2022 : 3 passages + 1 coupe de foin, après 3 mois sans eau, la luzerne a redémarré après 2-3 orages (50mm) fin juin. C’était une petite coupe (1T/ha) mais une bonne qualité de foin. J’avais acheté de la luzerne déshydratée par sécurité. Je n’ai jamais eu de problème de météorisation car le rationnement en paddock prévient la sur-ingestion par les plus gourmandes et je m’assure qu’elles aient du foin ou de l’enrubannage dans la panse avant de sortir. J’ai prévu de faire évoluer mon troupeau pour faire de la viande en gardant les brebis/agnelles et en croisant avec des béliers avec conformation boucherie à partir de 2023. Les besoins en énergie et en protéines des animaux vont diminuer si bien qu’avec les fourrages et les céréales je devrais pouvoir être autonome. Les pertes de bénéfices seront rentabilisées par les charges en moins et j’ai calculé une économie de 800 h de travail/an (2 UTH). J’ai pris contact avec des restaurants et bouchers pour la vente. Je compte aussi tester le sur-semis avec du colza fourrager dans la luzerne en 2023. Cela me permettrait d'avancer la période d'entrée en pâture.

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