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Travailler le moins possible le sol en bio

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Un premier essai, à renouveler pour mieux juger de son potentiel

Agriculteur

Dominique Truc
GAEC la ferme du forest

Atelier

Grandes cultures et productions légumières

Toutes les surfaces potentiellement adaptées à la mise en place de la pratique

Déchaumeur à disque

Argilo calcaire

Objectifs

Ne plus mettre de matière organique de fond (on avait des matières organiques qui se fossilisaient) Mieux gérer les adventices

Description

Je suis paysan en polyculture élevage bio depuis 30 ans. Nous sommes en zone de montagne sur des terres argilo-limoneuses avec beaucoup de pierres et des terrains pentus. Avant nous faisions systématiquement un labour (18-20 cm) avec passage de herse rotative entre chaque culture. Nous avons testé 2 ans le non labour avec des pratiques de travail simplifié : passage de dents 1 à 2 fois à 10cm de profondeur puis semis avec le déchaumeur (ligne de semis derrière le disque). C'était très compliqué de gérer les adventices, nous avons eu beaucoup de salissement, je suis donc revenu à un labour plus léger (15-17cm) et j’ai supprimé la herse. En parallèle j'ai introduis le semis sous couvert pour l’implantation des prairies en semant par exemple un seigle en octobre puis entre mars-avril du sainfoin ou du trèfle sans travail de sol supplémentaire (semis direct). Je récolte la céréale l’année 1 et je laisse la légumineuse en année 2 et 3. 80% de mes prairies sont implantées de cette manière. Le sainfoin est donné sous forme de foin pour les vaches. L’année dernière j’ai remplacé le seigle par du lin que j’ai mélangé à du trèfle. J’ai aussi fais un essai avec de l’avoine brésilienne pour remplacer l’avoine folle qui me pose des problèmes. Ici ce n’est pas possible de faire un semis entre la moisson et le prochain travail du sol donc je coupe haut les chaumes et je ne fais pas de déchaumage pour préserver comme je peux les sols en fin d’été (très chaud). J’apporte beaucoup de fumure sur les parcelles cultivées en faisant deux épandages par an (automne pour parcelles en pente, printemps pour parcelles accessibles). J'utilise différentes formes de fumure selon la disponibilité : - Fumier de stabulation bovin (très paillé) - Un peu de bois déchiqueté mélangé au bouse (paillage stabulation) - Essai de déchet vert de déchetterie

Résultats

Mes rotations sont encore trop axées céréales (beaucoup de petit épeautre) et sont trop courtes, ça génère beaucoup de salissement. J’introduis progressivement des cultures de printemps mais étant à 1100 - 1800 m d’altitude je ne peux pas récolter trop tôt ce qui prolonge le stress hydrique de ces cultures. Cette année je n’ai récolté que les graines de moutarde. Il faut que je continue d’allonger les prairies avec des cultures pérennes comme la luzerne mais cette plante est attaquée par un papillon qui fait de sérieux dégâts (le phytonome). Le sainfoin marche très bien mais il n’est pas très étouffant. J'épands une très grande partie du fumier à disposition pour réduire au maximum les coûts de stockage. Il n’est pas très composté mais il se décompose bien, surtout depuis que je ne laboure plus. Je n'ai pas de problème de fertilité car j'apporte beaucoup de fumure et je fais des couverts. Mais je pense qu’il y a encore trop de minéralisation, j'ai du mal à augmenter les stocks de MO (c'est du ressenti, je n'ai pas fais d'analyse). Pour le moment il faut qu'on affine la méthode et qu'on allonge la rotation en ayant des prairies plus longues. Je suis convaincu que ces pratiques (rallongement, diversification, couverts, réduction du travail du sol) sont les leviers clés pour la résilience de mon système.

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